Un simple regard dans un miroir je ne le supporte plus, ce corps je l'ai haï, détesté. Si vous saviez à quel point dans ma peau je ne voulais pas être.
Alors j'ai commencé à refuser la nourriture, puis les limites je les ai franchie peu à peu. Avec honte j'ai plongé ma tête au dessus des toilettes et j'ai enfoncé mes doigts dans ma gorge, j'avais mal, les aliments qui remontaient dans mon œsophage me brûlaient petit à petit la gorge. Mais c'était plus fort que moi, c'est comme si une voix en moi m'oblige à commettre ceci à la suite de tout repas. Peu à peu les quantités de mes rejets ont diminué, en réalité car je n'avais plus rien à évacuer, mon triste sort était scellé, j'avais perdu le contrôle de mon esprit, j'ai perdu pied, j'ai sombré.
Dans ma triste histoire j'étais bien trop aveugle par mon obsession de grosseur, que je ne me rendais pas compte du ridicule dans lequel je me plongeais, de la souffrance que je faisais éprouver à ma mère, à mon père, à mes amis, tout ceux que j'aime en souffraient, mais je n'en tenais même pas rigueur. L'envie de ne plus voir ce corps sali par cet homme était plus fort que moi.
Petit à petit j'ai sombré, maigri, mais un déclic m'a fait réagir. Je suis rentrée dans cet hôpital, ses machines branchées toutes autour de mon corps. J'ai vu les larmes des gens qui m'aiment, et j'ai ressenti ce sadisme dans l'esprit de cet homme de me voir sombrer, j'ai ouvert les yeux au moment où la mort m'a frôlée, et j'ai réalisé que malgré le fait qu'il m'a détruite me relever et avancer avec force seraient une plus belle vengeance que de sombrer dans ces imbécillités.
A présent je me suis repris, petit à petit je reprends du poids et grâce à ma psychologue j'apprends à avancer avec le passé et à m'accepter, car en réalité même si la vie nous fait mal, elle peut être si belle si on la prend avec force et courage.
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RépondreSupprimerMerci beaucoup
SupprimerCommentaire de ce début d'année 2016, car il faut bien dater tout cela :
RépondreSupprimerC'est plutôt bien écrit ! Le respect de la langue française est là, et c'est un point fort.
Pour le reste, c'est à dire l'essentiel, je préfère rester prudent, et surtout ne pas donner d'avis autre que de ne tenter que des expériences réversibles... et de faire confiance à l'entourage familial proche. Faire confiance aussi à la littérature, car beaucoup a été pensé et écrit sur ces sujets. Je ne sais pas s'il est possible d'en dire plus. Bonne chance donc et bonne année 2016 et surtout, conservez précieusement tout ce que vous avez écrit, car pour ma part, chaque fois que je peux lire un texte que j'ai écrit, maintenant il y a une quarantaine d'années, cela me fait toujours plaisir. Donc pensez à vous dans longtemps et sans développer un quelconque égoïsme, il n'y a pas de mal à faire des selfies !